Vestiges d'hôtel de luxe et perles vintage

COLJON,CLAIRE

Pratique

La suite est moins heureuse. Déserté vers 1990, le Bristol est squatté, pillé, saccagé. Son mobilier dispersé, jeté.

Le marbre est devenu gris, les volets ont pris la forme du vent, la lumière ne perce plus les fenêtres.

Pelleteuses et marteaux-piqueurs ont mis fin à ses rêves en 2006…

Catherine Gavage, 7 rue Watteeu,

1000 Bruxelles. Tel : 0475/331 805.

Voir aussi :

www.antique-and-design.comHôtel Bristol – Photographies un ouvrage d'Elisabeth Hölzl (Folio Verlagsges).

Découverte des arts décoratifs du vingtième siècle dans cette galerie installée au Sablon depuis l'automne par la jeune antiquaire. « Peut-être la plus jeune ! Et une femme de surcroît, ce qui est rare dans le métier » sourit-elle, malicieuse. Deux arguments qui lui font aborder autrement la profession. « Les antiquaires ne font pas de publicité, ont rarement une politique de communication ou de marketing. Ils sont encore trop souvent affublés de l'image vieillotte d'un marchand d'objets particulièrement onéreux.

Comment attirer une jeune clientèle ? Et lui prouver qu'antiquité ne rime pas forcément avec luxe ? Nous sommes une génération Internet. Ouvrons donc un site ! ».

Découvertes en ligne

Dont acte. Catherine Gavage crée donc antiques-and-design.com, un espace sur lequel s'installent une vingtaine de confrères. « Chacun met en ligne les objets qu'il souhaite vendre, les commente et détaille et, surtout, en affiche le coût. Le visiteur ne tarde pas à se rendre compte que l'antiquité n'est pas l'apanage d'une certaine élite et que certaines pièces affichent des prix – en euros et en dollars – tout à fait abordables ». C'est ainsi que l'on peut trouver des objets à partir de 1.000 euros déjà – « moins chers que dans certaines boutiques de design ! » – et découvrir tant des sièges de Hans Bellmann ou des fauteuils d'époque Louis XVI, que le buste d'Albrecht Dürer signé Carrier-Belleuse, une tapisserie d'Aubusson, un vitrail Art Nouveau, une horloge de Serrurier Bovy ou encore des luminaires et des bureaux de Jules Wabbes

« La visite se fait par objet et non par personne. C'est après avoir “ craqué ” pour l'un ou l'autre d'entre eux que l'internaute aura envie de pousser la porte de l'antiquaire ».

L'élégance d'un siècle passé

Retour à la galerie et gros plan sur une paire de miroirs surmontés d'une applique et une autre de lampadaires. « Ils sont de FontanaArte, la division artistique de la société Luigi Fontana, fondée en 1932 par l'architecte Gio Ponti et le designer Pietro Chiesa. Ils proviennent de l'hôtel Bristol de Mérano ». Une légende que cet hôtel, fameux avant la guerre et rouvert en 1954 ! Immenses, somptueux, alternant chambres classiques et chambres modernes – « d'où proviennent ces pièces » – certains le considéraient comme le plus moderne et le plus élégant d'Europe. Il était l'ambition de l'armateur génois Arnaldo Bennati – lequel avait, en 1930, construit l'hôtel Bauer à Venise – qui entendait faire de Mérano un deuxième St-Moritz. Un projet fou dans lequel il injecta des sommes faramineuses et à l'inauguration duquel Sophia Loren fut l'invitée d'honneur


© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2011
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