mercredi 18 mai 2011, 11:18
Commençons par les ventes du soir, les plus prestigieuses, celles où Picasso atteint des records, où Van Gogh connaît le succès. Parmi les dix meilleurs résultats de la vente de Christie's, aucun Belge ne figure. La veille, au palmarès de Sotheby's, deux de nos compatriotes se distinguent. D'abord, Paul Delvaux, dont Les cariatides, une toile de 1946, atteignit un peu plus de 9 millions de dollars. Le résultat est très au-dessus de son estimation, prudente, de 3 à 5 millions de dollars. Étant donné les dernières performances quelque peu décevantes du maître de Boitsfort, cette estimation était néanmoins réaliste. Ce record en vente publique est donc un signe positif pour le marché de l'artiste. Chez Christie's, Le passage à niveau, une huile sur panneau, caractéristique de la période ferroviaire de l'artiste atteignit plus d'un million et demi de dollars, soit plus du double de son estimation basse.
Quand l'heure sonnera
Arrive à la neuvième position, toujours chez Sotheby's, René Magritte avec Quand l'heure sonnera, une toile de 1932 estimée entre 5 et 7 millions de dollars, et qui s'est échangée un peu moins de 6 millions de dollars, ce qui représente, frais de l'acheteur déduits, une somme plus proche de son estimation basse que de son estimation médiane. Deux autres uvres du maître étaient proposées, toutes les deux vendues au même prix, soit exactement 1.022.500 dollars. Il s'agissait cette fois de gouaches qui furent vendues bien au-delà de leur estimation haute.
Quant à une peinture néo-impressionniste de Georges Morren, surévaluée entre 700.000 et 900.000 dollars, elle resta bien entendu sur le carreau, malgré la qualité de l'uvre.
L'art belge se vendant a priori en Belgique, il est assez normal de ne pas trouver à New York pléiade d'uvres d'artistes belges moins connus que Magritte ou Delvaux, qui étaient également bien représentés dans les ventes du jour. Toutefois, les hasards de la vie ont amené des Belges à émigrer ou des étrangers de passage en Belgique à s'intéresser à notre art, voire des marchands américains à promouvoir l'art belge. Il existe dès lors des uvres belges sur le marché américain et, en raison des coûts de transport, il est plus intéressant pour le vendeur de les négocier à New York que de les envoyer à Londres ou à Bruxelles.
Promenade de la nuit
Était ainsi proposée au Rockefeller Plaza une toile de Léon De Smet peinte en 1924 et représentant une nature morte qui s'échangea, sous son estimation basse, contre 74.500 dollars.
Un panneau de relativement petites dimensions intitulé Promenade de la nuit par Paul Delvaux fut lui aussi acquis sous son estimation basse pour 434.500 dollars.
Par contre, parmi les meilleures ventes de ces « day sales », signalons les 902.500 dollars déboursés pour une gouache de Magritte, toujours chez Christie's.
La veille, chez Sotheby's, une aquarelle de Delvaux intitulée Deux figures avait changé de mains contre 194.500 dollars, ce qui reste raisonnable pour une uvre datée de 1946.
Signalons enfin que, cette saison, il n'y avait pas d'uvres de James Ensor, ni de Théo Van Rysselberghe.
© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2011
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