mercredi 14 décembre 2011, 10:15
Le 7 avril dernier, la maison du Rockefeller Center avait déjà proposé, avec succès, une première partie de cette collection commencée en 1981 par cette société, dont l'objet social est le transport de marchandises aux Etats-Unis.
Lorsque les dirigeants décidèrent d'entamer une collection, ils choisirent le médium photographique (en faisant toutefois des exceptions) et se fixèrent pour objectif de rassembler des clichés pris à partir de 1929, année de fondation de la société. Quant au sujet, il s'imposait : témoigner des paysages américains tels que les chauffeurs des camions pouvaient les apercevoir lors de leurs déplacements.
Les collections d'entreprises peuvent prendre des directions variées. Certaines vont se concentrer sur l'art contemporain pour donner une image de dynamisme et d'ouverture au monde actuel, d'autres préféreront un art plus traditionnel pour affirmer leur caractère de pérennité, d'autres encore choisiront de s'intéresser à la création dans une aire géographique bien déterminée. Enfin, certaines entreprises construisent leur collection autour d'un thème qui les concerne directement, comme c'était le cas de Consolited Freightways. Ce parti pris était d'autant plus intéressant qu'il permettait au personnel de partager l'intérêt de la direction pour la collection. En effet, les photographies sont toutes relativement classiques et accessibles à des personnes qui ne fréquentent pas nécessairement les musées.
La route, la ville et la campagne
Alors que la première vente incluait des clichés des grands maîtres de la photographie américaine du XXe siècle tels que Anselm Adams, Lee Friedlander ou encore Sugimoto, sauf exception, la seconde partie est constituée d'artistes moins célèbres, ce qui ne veut pas dire que la qualité n'est pas au rendez-vous. Le risque d'une collection thématique est en effet de privilégier le sujet de l'uvre à son intérêt artistique.
Consolited Freightways a su éviter cet écueil et la collection ne se bornait pas à amasser des images consacrées à son sujet de prédilection. La collection n'avait d'ailleurs pas un thème unique et si la partie du catalogue de la vente qui lui est consacrée s'ouvre par quelques photographies de tronçons routiers désolés dans la campagne, celles-ci sont bien vite suivies par des paysages urbains animés. Ainsi cette photo prise par Berenice Abbott en plein Manhattan en 1936.
Trois ans plus tard, Marion Post Wolcott photographie des paysannes misérables devant leur masure en bois. La figure humaine en gros plan n'est pas non plus absente de l'ensemble. Une photo de Weegee montre ainsi un groupe de manifestants, parmi lesquels plusieurs brandissent la une d'un journal : Japs attack US. Le cliché date de 1942.
Accessibilité
Comme c'est souvent le cas lorsque toute une collection, d'entreprise ou de célébrités, est proposée aux enchères, les estimations sont (très) raisonnables. Bien entendu, toutes les photos ne sont pas « vintage » et la plupart d'entre elles ne sont pas les plus célèbres que leur auteur ait réalisées. Néanmoins, pouvoir s'offrir une uvre de Walker Evans sur la base d'une estimation de 2.000 à 3.000 dollars est une aubaine.
La plupart des estimations se situent d'ailleurs sous la barre des 2.500 euros et nombreuses sont les épreuves provenant de galeries connues pour la qualité de leur programmation. Terminons en signalant que le catalogue est disponible sur internet.
© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2011
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