mercredi 11 janvier 2012, 14:43
Le podium
Le lot phare de la vente était une paire de fauteuils créés au début de la décennie 1930 par Emile-Jacques Ruhlmann deux sièges aux lignes pures et élancées, alliant le confort de l'art déco (voir ci-contre). Il n'existerait que trois exemplaires connus de ce modèle qui porte le nom de « Gonse ».
Il faut faire un bond de vingt ans pour atteindre le deuxième lot le plus cher de ces deux sessions. Il s'agit d'une monumentale « bibliothèque murale » créée par Charlotte Perriand (ci-contre).
Quant au troisième prix, il va à une paire de chaises créées, un peu moins de quarante ans plus tard, vers 1988, par Scott Burton. Ces formes très minimales coûtèrent la bagatelle de 266.500 dollars
Ici aussi le catalogue insiste sur la rareté : seules cinq paires auraient été produites, dont une actuellement conservée au Philadelphia Museum of Art.
Paire de portes
Retour vers l'Art déco avec les 290.500 dollars acquittés pour une paire de portes, dues également au talent d'Emile-Jacques Ruhlmann. Elles dateraient de 1925, l'année qui consacra le mouvement par l'exposition des arts décoratifs de Paris.
Ces quatre meilleures enchères ont en commun la consécration de la radicalité et de la simplicité des formes.
Leur avant-gardisme de l'époque s'est bien naturellement estompé et ces pièces sont aujourd'hui considérées comme de grands classiques, ce qui explique le niveau de prix élevé auquel elles s'échangent.
Occasions à saisir, invendus et surprises
Si les enchères élevées marquent toujours les esprits, il convient de noter que certains objets de la vente du 14 décembre étaient sinon franchement accessibles, du moins abordables pour celui qui a quelques économies.
A côté de nombreux invendus, quelques surprises de taille vinrent émailler la vente.
Ainsi, ces 68.500 dollars payés, sur la base d'une estimation de 12.000 à 18.000 dollars, pour de très élégants chenets en fer dessinés par Jean Royère dans les années 1940.
Citons également une lampe en plastique et nylon, uvre de Verner Panton en 1969, qui grimpa jusqu'à 21.250 dollars, soit plus de quatre fois son estimation basse.
Tout comme les autres segments du marché, le design nécessite une certaine expertise avant de foncer tête baissée dans des achats inconsidérés.
Qui dit « design » dit « précautions »
La vente de Phillips de Pury & Cie témoigne bien du fait que les estimations n'ont de valeur qu'indicative.
Les amateurs avisés se sont détournés des lots trop avantageusement estimés tandis qu'ils ont rectifié les estimations trop conservatrices. Il faut également savoir, avant de s'aventurer sur ce marché, que la connaissance fait tout : un prototype, une édition originale ont plus de valeur qu'une pièce éditée en série et il faut être capable de faire la distinction.
Et puis, comme pour le mobilier ancien, gare aux restaurations et aux reconstitutions !
Au prix où le mobilier design se vend aujourd'hui, il vaut certainement mieux être sûr de son coup
© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2011
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